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VISITE APOSTOLIQUE DU SAINT PÈRE LÉON XIV EN ALGÉRIE DU 13 AVRIL AU15 AVRIL 2026

VISITE APOSTOLIQUE DU SAINT PÈRE LÉON XIV EN ALGÉRIE DU 13 AVRIL AU15 AVRIL 2026

Publié le 15/04/2026

VISITE APOSTOLIQUE DU SAINT PÈRE LÉON XIV EN ALGÉRIE DU 13 AVRIL AU15 AVRIL 2026

VISITE APOSTOLIQUE DU SAINT PÈRE LÉON XIV EN ALGÉRIE DU 13 AVRIL AU15 AVRIL 2026

Description

La visite du Pape Léon XIV en Algérie

Lundi 13 avril 2026 est marqué par la venue du Pape Léon XIV en Algérie, cette visite n’est pas qu’un simple déplacement diplomatique ou protocolaire. Elle s’inscrit dans une tradition longue de dialogue entre l’islam et le christianisme. Dès les origines de l’islam, ces relations existent. Avant même la révélation, le Prophète ﷺ rencontre le moine Bahira qui voit en lui les signes de la prophétie et annonce a son oncle Abou Talib que Muhammad aura un grand avenir. Au moment de la première révélation, Waraqa ibn Nawfal reconnaît la nature prophétique de l’expérience vécue par le Prophète ﷺ.

Lorsque les musulmans sont persécutés à La Mecque, ils se rendent en Abyssinie auprès du Négus, décrit comme un roi juste. Là, un dialogue profond s’instaure : les compagnons évoquent Jésus et Marie, récitent des versets de la sourate Maryam, et ce moment provoque l’émotion du roi et des évêques présents. Ce n’est pas une opposition de blocs religieux, mais une reconnaissance mutuelle autour d’une vérité spirituelle partagée.

Plus tard, à Médine, le Prophète reçoit des délégations chrétiennes venues de Najran et les autorise à prier dans sa mosquée. Le Coran lui-même établit un cadre relationnel clair, notamment dans le verset :
« Tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent : “Nous sommes chrétiens”, car il y a parmi eux des prêtres et des moines, et ils ne s’enflent pas d’orgueil. » (Sourate al-Ma’ida, 5:82)

Cette tradition de dialogue se prolonge dans l’histoire. En pleine période des croisades, le sultan Al-Kamil reçoit Saint François d’Assise et engage avec lui une discussion pacifique au cœur de la guerre. Ce type de rencontre montre que même dans les périodes les plus tendues, des espaces de compréhension existaient.

L’histoire algérienne elle-même en porte la trace. L’Emir Abdelkader entretient un dialogue avec Monseigneur Dupuch, amorcé pendant sa résistance lorsqu’il entre en contact avec lui pour négocier la libération des otages et qui atteindra son paroxysme à Amboise quand celui viendra régulièrement de Bordeaux visiter l’émir alors emprisonné.
L’ancien évêque d’Alger écrira même à Napoléon III pour plaider en faveur de la libération de l’émir. L’événement le plus marquant et sûrement lorsque l’émir protège des chrétiens maronites des massacres de 1860 à Damas. Lorsqu’on lui demande pourquoi il sauve des chrétiens après les avoir combattus, il répond qu’il n’a jamais combattu des chrétiens en tant que tels, mais des envahisseurs. Sa logique est une logique de justice, non de haine religieuse.

Sa parole est éclairante : s’il avait été écouté, musulmans et chrétiens seraient devenus des frères, intérieurement et extérieurement écrit il dans sa lettre aux français. Il ne s’agit pas d’effacer les différences, mais d’organiser une coexistence juste.

Cette même logique se retrouve dans d’autres moments. Omar ibn al-Khattab, entrant à Jérusalem, refuse de prier dans l’église du Saint-Sépulcre pour éviter qu’elle ne soit transformée en mosquée. Saladin après la libération de Jérusalem voyant les différentes églises s’affronter pour déterminer a qui reviendrait la gestion de cette église decide de confier les clés à une famille musulmanes pour préserver l’unité entre les communautés chrétiennes au point que jusqu’à aujourd’hui cette famille ouvre l’église et la ferme quotidiennement. Suleiman le Magnifique répond à l’appel de François Ier prisonnier de Charles Quint, montrant que les alliances pouvaient se faire au nom de la justice et non de l’appartenance religieuse.

L’Algérie contemporaine elle-même n’échappe pas à cette complexité. Durant la colonisation, certains religieux chrétiens ont accompagné le système colonial, mais d’autres s’y sont opposés avec force. L’archevêque d’Alger Léon-Étienne Duval, surnommé “Mohamed” par certains Français en raison de son soutien aux musulmans, auquel il répondra d’ailleurs « il m’affuble du surnom Mohamed Duval sans savoir que par cela il m’accorde le plus noble des honneurs », ou encore le père Robert Davezies, ainsi que le couple Barrat, témoignent d’un engagement chrétien du côté de la justice et de la dignité des peuples.
Dr Ahmed Taleb-Ibrahimi témoigne dans ses lettres de prison d’une amitié véritable pour Robett Barrat.

Amitié toujours présente comment en témoigne le cardinal Jean Paul Vesco, le 14 avril 2025, lors d’une rencontre avec lui, celui-ci a illustré de manière concrète la qualité des relations entre chrétiens et musulmans en Algérie, ainsi que la générosité pour laquelle les Algériens sont si connus.
Il nous a rapporté l’exemple de religieuses ayant fait vœu de pauvreté, vivant dans une région isolée, et s’étant engagées à ne jamais rien demander à quiconque. Malgré cela, elles ne manquent de rien.
Chaque année, à l’occasion de Aïd al-Adha, des habitants leur offrent une partie des bêtes sacrifiées, constituant des réserves qui leur suffisent pour une grande partie de l’année. Par ailleurs, chaque mois, les habitants de la région leur apportent spontanément des denrées alimentaires afin de subvenir à leurs besoins.

Si la générosité des algériens est exemplaire, leur foi l’est tout autant, de figures comme Charles de Foucauld reconnaissent l’impact spirituel de l’islam. Alors qu’il était officier au sein de l’armée éloigné de la foi sa découverte de la piété des musulmans a créé en lui un bouleversement intérieur. Dans sa lettre du 08/07/1901 il écrit « oui! Vous avez raison, l’islam a produit en moi un profond bouleversement...la vue de cette foi, des ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu m’a fait entrevoir quelque chose de plus grand, de plus vrai que les occupations mondaines... »
Dans une autre lettre du 15/07 il écrit « l’islam est extrêmement séduisant, il m’a séduit à l’excès. »

Soeur Emmanuelle quant à elle, incarne une foi tournée vers le service, vivant parmi des populations musulmanes au milieu des bidonvilles du Caire sans logique de domination ni de conversion mais pas pur solidarité humaine et don de soi.

Même en France, des paroisses ont ouvert leurs portes à des travailleurs musulmans pour leur permettre de prier, allant jusqu’à voir certaines mosquées naître dans des espaces d’églises. Ce sont des faits concrets, souvent oubliés, qui témoignent d’une réalité bien différente du récit conflictuel dominant.
On se rappellera de la salle de prière dans les locaux de l’église du 11e arrondissement de Paris surnommé « la mosquée de l’église » ou la mosquée du Mans construite sur un terrain offert par le diocèse à la demande du père Duchemin.

Dans cette même dynamique d’ouverture intellectuelle et spirituelle, Malik Bennabi à Paris en 1930, fréquente des milieux chrétiens au sein d’associations catholiques. Ce contact direct avec des croyants engagés, leur discipline morale et leur sens de l’organisation va profondément stimuler sa conscience et nourrir sa réflexion sur la renaissance du monde musulman. Cette expérience illustre une fois encore que la rencontre avec l’Autre peut être un facteur d’élévation et non de dilution.

La venue du pape en Algérie s’inscrit donc dans cette continuité historique. Elle vient contredire la théorie du “choc des civilisations” en montrant que la rencontre est non seulement possible, mais déjà profondément enracinée dans l’histoire.

Elle est d’autant plus symbolique qu’elle se fait autour de la figure de Saint Augustin, né sur cette terre et devenu évêque d’Hippone (Annaba). Cette région — la Numidie — a vu émerger de nombreuses figures religieuses majeures parfois moins mises en avant car elles ne s’inscrivaient pas dans le catholicisme soutenue par le pouvoir impérial romain.
Si Augustin est aujourd’hui la figure la plus connue, c’est parce qu’il était adossé au pouvoir de Rome certes mais aussi parce qu’il est un des pères de l’église et un de ses penseurs majeurs dont la pensée s’est largement diffusé en Europe. Son influence y est donc considérable et durable.

D’autres figures du christianisme nord-africain ont également marqué cette histoire et montre la richesse et la diversité de celle-ci. Moins retenues par la tradition dominante Donatus, par exemple, s’inscrivait dans une opposition à la domination religieuse de Rome et défendait une exigence de pureté doctrinale dans un contexte de tensions politiques et spirituelles.

Ainsi, cette visite ne relève pas seulement du présent. Elle réactive une mémoire longue, elle reconnaît une profondeur historique, une terre où la foi et le savoir sont centrale depuis toujours et elle ouvre une possibilité : celle d’un dialogue réel, enraciné, lucide, dans un monde où les tensions semblent s’accumuler.

Dans un contexte international marqué par des fractures croissantes, certains évoquent même la perspective d’un conflit mondial. Dans ce climat, une telle visite peut être comprise comme une démarche de paix, une tentative de réaffirmer que les relations entre les religions ne sont pas condamnées à l’affrontement, mais peuvent s’inscrire dans la connaissance, la justice et la dignité mutuelle.

Et en guise de conclusion citons ce verset coranique et Nostra aetate du concile de Vatican II qui sont les fondements du dialogue entre le christianisme et l’islam:

« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes. Et dites: «Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c'est à Lui que nous nous soumettons». [Al-Ankabut: 46]

« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. »
« Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. »
« Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passé et à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. »

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